Plus d’un véhicule neuf sur deux désormais taxé : analyser la fiscalité avant de commander

Publié par Alexandre Patamia le 17 août 2026

Plus d’un véhicule neuf sur deux désormais taxé : analyser la fiscalité avant de commander

Le malus automobile a rapporté 523,4 millions d’euros au Trésor public au premier semestre 20261. Sur l’ensemble de l’année, les recettes pourraient franchir le cap du milliard d’euros. Ce serait une première, après 867,6 millions en 20252. Autre signal notable : plus d’une voiture neuve sur deux est désormais taxée en France. Elle est soumise au malus CO2 ou au malus au poids3. Pour une entreprise qui s’apprête à commander un véhicule de flotte, ce basculement n’a rien d’anecdotique.

Pourquoi le malus touche désormais plus d’un véhicule neuf sur deux

Ce chiffre s’explique d’abord par un durcissement réglementaire. Il ne traduit pas une hausse spectaculaire des émissions du parc neuf. Depuis le 1er janvier 2026, le seuil de déclenchement du malus CO2 est passé de 113 à 108 g/km4. Le seuil du malus au poids, lui, est descendu de 1 600 à 1 500 kg. Résultat concret : des véhicules qui échappaient au malus en 2025 y basculent cette année. Leurs émissions ou leur poids n’ont pourtant pas changé d’un gramme ou d’un kilo.

Ce mécanisme concerne directement les flottes d’entreprise. Un SUV ou un utilitaire un peu chargé en options peut désormais déclencher un malus au poids. L’an dernier, il passait pourtant sous les seuils. Personne ne l’a anticipé au moment de la commande. Le modèle et la finition n’ont pas changé ; seul le seuil réglementaire a bougé. C’est précisément ce type de bascule qu’un courtier doit repérer en amont. Pas au moment de découvrir la facture.

Chiffres vérifiés au 11/08/2026 — Recettes du malus CO2 et du malus au poids : 523,4 M€ au premier semestre 2026, contre 867,6 M€ sur l’ensemble de 2025. Le cap du milliard d’euros pourrait être franchi sur l’année. Seuil de déclenchement du malus CO2 : 108 g/km en 2026, contre 113 g/km en 2025. Seuil du malus au poids : 1 500 kg en 2026, contre 1 600 kg en 2025. Véhicules 100 % électriques : 29,1 % des immatriculations neuves au premier semestre 2026, 35 % en juillet.

Un malus ne se limite pas à une ligne de facture, il pèse sur toute la durée du contrat

Pour un véhicule acheté comptant, le malus est une dépense immédiate et visible. Pour un véhicule en LLD ou en LOA, c’est différent. Le loueur intègre le malus au prix d’achat du véhicule. Il se retrouve donc reflété dans le loyer mensuel, pendant toute la durée du contrat, généralement 36 à 48 mois. Une entreprise qui commande sans avoir vérifié ce point paie ainsi un surcoût mensuel invisible. Ce surcoût reste bien réel jusqu’à la restitution du véhicule.

C’est là que la vérification en amont change concrètement l’équation. Un même modèle peut basculer d’un côté ou de l’autre d’un seuil de malus. Tout dépend de la motorisation, de la finition ou du niveau d’options retenu. Deux devis en apparence proches peuvent ainsi cacher un écart de loyer significatif sur la durée du contrat. Ce seul paramètre fiscal explique parfois toute la différence.

Trois postes fiscaux à vérifier avant de signer une commande

Avant de valider une commande de véhicule d’entreprise, trois points méritent systématiquement d’être vérifiés, au-delà du seul loyer affiché. D’abord, l’exposition au malus CO2 et au malus au poids. Elle dépend des seuils 2026 et de la fiche technique précise du véhicule, options comprises. Ensuite, l’éligibilité éventuelle à l’éco-score. Elle ouvre droit à un abattement de 70 % sur l’avantage en nature du conducteur, plafonné à 4 641,60 € par an en 2026. Enfin, l’impact global sur le coût total de possession du véhicule. Malus, entretien et fiscalité s’y cumulent sur toute la durée du contrat.

Ces trois points ne figurent presque jamais sur le devis initial d’un vendeur ou d’un loueur. Ils apparaissent en revanche, chacun à leur tour, au fil des mois suivant la commande. D’abord sur la facture d’immatriculation. Ensuite sur le bulletin de salaire du conducteur. Enfin sur le bilan de la flotte en fin de contrat. Les vérifier avant la signature évite de les découvrir un à un. Une fois la commande passée, il est trop tard pour arbitrer.

Pourquoi analyser la fiscalité avant de signer, pas après

Chez Car Optimiz, cette analyse fiscale fait partie du travail de courtage, au même titre que la négociation du loyer. Nous la menons systématiquement avant de valider une commande, jamais après. Cette vérification prend quelques minutes en amont. Elle évite en revanche des semaines de discussion a posteriori. Une fois la commande passée, le malus est déjà intégré au loyer.

Pour une flotte de plusieurs véhicules, l’écart cumulé sur trois ou quatre ans peut représenter plusieurs milliers d’euros. Il suffit parfois d’avoir choisi une version ou une motorisation légèrement différente au départ pour l’éviter. Cette approche s’applique à chaque nouvelle commande, pas uniquement lors d’un renouvellement de flotte complet.

Avant de commander votre prochain véhicule d’entreprise, un point rapide sur son exposition fiscale s’impose. Il peut éviter une mauvaise surprise, sur le loyer comme sur l’avantage en nature du conducteur.

Questions fréquentes

Le malus écologique s’applique-t-il aux véhicules de société ?

Oui. Le malus CO2 et le malus au poids sont dus lors de la première immatriculation en France, que l’acheteur soit un particulier ou une entreprise. Ils s’ajoutent au prix du véhicule et entrent donc dans le calcul d’un loyer LLD ou LOA.

Pourquoi plus de véhicules sont-ils taxés en 2026 qu’en 2025 ?

Le seuil de déclenchement du malus CO2 est passé de 113 à 108 g/km au 1er janvier 2026, et le seuil du malus au poids de 1 600 à 1 500 kg. Des véhicules qui échappaient au malus l’année dernière y basculent désormais.

À quel moment faut-il vérifier la fiscalité d’un véhicule d’entreprise ?

Avant de commander. Une fois la commande passée, le malus, l’avantage en nature et le coût total de possession sont figés pour toute la durée du contrat.


Sources
1 Malus automobile : plus d’une voiture neuve sur deux est désormais taxée en France — leblogauto.com
2 Malus auto 2026 : le cap du milliard d’euros en passe d’être franchi — caradisiac.com
3 En France, plus d’une voiture neuve sur deux est désormais frappée par un malus — automobile-propre.com
4 Malus automobile : plus d’une voiture neuve sur deux désormais taxée — journalauto.com

Alexandre Patamia

Alexandre Patamia est entrepreneur spécialiste de la mobilité automobile et du leasing. Fondateur de Car-Optimiz.fr en 2016 à Dardilly, il conseille depuis les particuliers et professionnels sur leurs choix de financement, de gestion de flotte et solutions de mobilité.