Taxe kilométrique sur les voitures électriques : ce que le Royaume-Uni prépare, et pourquoi les flottes françaises doivent déjà y penser

Publié par Alexandre Patamia le 24 juillet 2026

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Fiscalité & flottes d’entreprise

À partir d’avril 2028, chaque kilomètre parcouru par une voiture électrique ou hybride rechargeable au Royaume-Uni aura un prix. Le gouvernement britannique vient de confirmer sa nouvelle taxe kilométrique, l’Electric Vehicle Excise Duty(EVED), après une consultation publique qui a mobilisé plus de 5 000 contributions. Si aucun projet équivalent n’est aujourd’hui sur la table en France, la logique budgétaire qui pousse Londres à agir n’épargne pas notre pays. Décryptage, et ce que les gestionnaires de flotte devraient en retenir dès maintenant.

Pourquoi une taxe au kilomètre ?

Le raisonnement du Trésor britannique est simple : plus les voitures thermiques reculent, plus les recettes fiscales adossées aux carburants diminuent. Une ressource qui pèse historiquement plusieurs dizaines de milliards d’euros chaque année dans les finances publiques ne peut pas s’éteindre sans être remplacée. L’EVED est la réponse retenue par le Royaume-Uni pour continuer à financer l’entretien du réseau routier à mesure que le parc électrique progresse.

C’est une problématique que la Cour des comptes a également pointée pour la France : l’érosion progressive de la fiscalité énergétique pose une vraie question de financement des infrastructures, indépendamment de tout choix politique déjà arrêté.

Le barème retenu par Londres

Après avoir revu sa copie face aux critiques, le gouvernement britannique maintient le principe d’une redevance kilométrique, mais avec un barème différencié :

  • Véhicules 100 % électriques : environ 2,2 centimes d’euro par kilomètre, soit près de 264 € par an pour un usage de 12 000 km.
  • Hybrides rechargeables : environ 1,76 centime d’euro par kilomètre, un tarif réduit qui part de l’hypothèse d’un usage partagé entre motorisation thermique et électrique, pour éviter une double taxation avec la fiscalité déjà appliquée aux carburants.

Cette redevance s’ajoutera à la taxe de circulation existante. Les particuliers déclareront leur kilométrage au moment du renouvellement de cette taxe, avec une option de transmission automatique via la connectivité embarquée des véhicules récents. Et le barème n’est pas figé : une revalorisation annuelle sur l’inflation est déjà programmée à partir de 2029-2030.

Un régime aménagé pour les flottes et les loueurs

C’est le point qui concerne le plus directement les entreprises. Face aux inquiétudes des gestionnaires de flotte et des loueurs, plusieurs assouplissements ont été obtenus :

  • une déclaration centralisée du kilométrage pour l’ensemble des véhicules d’une flotte, sans faire peser la responsabilité sur chaque conducteur individuellement ;
  • la possibilité de régler par anticipation les redevances restant dues avant la revente d’un véhicule, un point sensible pour ne pas fragiliser la valeur résiduelle des occasions électriques.

Ces ajustements montrent que même un dispositif pensé pour préserver les recettes de l’État doit composer avec les réalités opérationnelles du leasing et de la gestion de flotte, sous peine de freiner la transition électrique qu’il est censé accompagner.

Et si la France s’en inspirait ?

Aucune annonce officielle ne va dans ce sens à ce jour. Mais deux signaux invitent à la vigilance :

  1. La fiscalité automobile française évolue déjà par petites touches. Les véhicules électriques échappent encore au malus au poids en 2026, mais cette exemption n’a rien d’éternel.
  2. La perte progressive des recettes carburants est une réalité budgétaire commune à tous les pays européens. La France pourrait explorer plusieurs pistes : un dispositif kilométrique inspiré du modèle britannique, ou un retour d’une forme de vignette automobile.

Pour les entreprises qui pilotent une flotte, l’enseignement à tirer n’est pas dans la taxe elle-même, mais dans la méthode : la fiscalité liée à l’électrique n’est jamais figée durablement. Un TCO calculé aujourd’hui peut évoluer d’ici deux ou trois ans, à la hausse comme à la baisse selon les arbitrages retenus.

Ce que Car-Optimiz retient pour votre flotte

Anticiper ces évolutions fait partie de notre métier de courtier. Que vous soyez en réflexion sur l’électrification de votre flotte ou déjà engagés dans cette transition, nous vous aidons à :

  • simuler un coût total de possession qui intègre les hypothèses fiscales à venir, pas seulement la photographie actuelle ;
  • arbitrer entre LLD, LOA et achat en tenant compte de la durée de détention et du risque de revalorisation fiscale ;
  • sécuriser la valeur résiduelle de vos véhicules électriques en fin de contrat.

Un projet de flotte électrique ou hybride rechargeable ? Contactez Car-Optimiz pour un accompagnement sur mesure.

Source : Automobile Propre, « Cette nouvelle taxe sur les voitures électriques arrive au Royaume-Uni : la France va-t-elle suivre ? », 16 juillet 2026.

Alexandre Patamia

Alexandre Patamia est entrepreneur spécialiste de la mobilité automobile et du leasing. Fondateur de Car-Optimiz.fr en 2016 à Dardilly, il conseille depuis les particuliers et professionnels sur leurs choix de financement, de gestion de flotte et solutions de mobilité.