Thermique ou électrique en 2026 : le calcul pour votre flotte

Publié par Alexandre Patamia le 24 août 2026

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Thermique ou électrique pour une flotte entreprise : en 2026, le calcul se joue sur quatre postes, pas sur le loyer affiché. L’énergie d’abord : un automobiliste dépense en moyenne 137 € par mois d’essence contre 46 € d’électricité (juin 2026), un écart creusé par des carburants passés au-dessus de 2 € le litre. Puis la fiscalité (près de 1 800 € de taxes spécifiques en plus par véhicule d’entreprise), la décote (50 à 55 % à quatre ans pour un thermique) et l’accès aux zones à faibles émissions, verbalisées à Lyon depuis le 1er juillet 2026. Le bon arbitrage se fait usage par usage, et il dépend surtout de l’endroit où le véhicule se recharge.

La question revient dans presque tous nos rendez-vous de renouvellement de flotte. Elle mérite mieux qu’une réponse tranchée. Le thermique n’a pas disparu du marché entreprise. Mais il ne pèse plus grand-chose : 92 % des immatriculations professionnelles en 2019, environ 20 % en 2025. Le mouvement est donc réel. Reste à savoir s’il doit s’appliquer à tout votre parc, ou seulement à une partie.

Passer sa flotte à l'électrique : par quoi commencer ?

▶ Passer sa flotte à l'électrique : par quoi commencer ? — Alexandre Patamia + Jérémy (Toltech) — Car Optimiz & Toltech Energy · 47 s

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La première étape n'est pas de choisir sa voiture électrique. Il faut voir les collaborateurs, savoir s'il est possible de passer toute la flotte en électrique, savoir s'ils peuvent recharger à domicile, au bureau, et connaître la fiscalité de l'ensemble du système. Après avoir fait ce point, il faut regarder l'installation de bornes au bureau et à domicile, et c'est là que Jérémy prend le relais. [Jérémy, Toltech Energy] L'idée, c'est de venir voir votre installation électrique et de vérifier si le tableau est en capacité d'accueillir l'infrastructure de recharge. On regarde la facture, on voit s'il reste de la capacité, et à ce moment-là on fait un audit complet. Vous l'aurez compris : pour passer votre flotte à l'électrique, il faut beaucoup d'anticipation, et pas uniquement une décision.

Pourquoi la question se pose maintenant pour les flottes d’entreprise ?

Trois pressions se cumulent depuis deux ans. D’abord la fiscalité directe sur les motorisations thermiques. Ensuite la décote accélérée à la revente. Enfin les restrictions de circulation en zone à faibles émissions. Aucune n’est nouvelle isolément. C’est donc leur addition, sur la même génération de véhicules, qui change le calcul. Par exemple, un utilitaire diesel commandé aujourd’hui pour cinq ans sera encore en circulation en 2031. Il faut donc raisonner sur la trajectoire du cadre, pas seulement sur son état au jour de la commande.

Depuis mars 2026, une quatrième pression s’est ajoutée, et celle-là se lit chaque mois sur la carte carburant : le prix de l’énergie. Nous la chiffrons plus bas.

Nous détaillions déjà ce mécanisme dans notre analyse de la fiscalité qui touche les véhicules de société. Le seuil de déclenchement du malus CO2 s’est ainsi abaissé chaque année depuis 2019. Pourtant, rien n’indique qu’il se stabilise.

Combien coûte encore un thermique en 2026, chiffres à l’appui

Sur le canal entreprise et loueurs longue durée, la fiscalité spécifique grimpe nettement. Elle ajoute désormais près de 1 800 € en moyenne au prix d’un véhicule neuf. Pour un particulier, en revanche, l’effet net reste proche de zéro. L’écart se creuse encore sur les segments les plus taxés : malus CO2, malus au poids, taxe annuelle sur les émissions. Sur une flotte de quinze véhicules renouvelés en deux ans, ce différentiel se compte donc en dizaines de milliers d’euros. Et cela, avant même d’intégrer la décote.

Vous ne savez pas si vos véhicules sont sur le bon barème fiscal, ni ce que coûtera leur remplacement ? Téléchargez notre check-list fiscalité flotte 2026 : 9 points de contrôle et les barèmes vérifiés. De quoi chiffrer avant de commander, plutôt qu’après la livraison.

Thermique ou électrique en flotte entreprise : combien coûte l’énergie chaque mois ?

Environ trois fois moins en électrique, à condition de recharger au bon endroit. Le baromètre Roole Data publié le 4 septembre 2026 chiffre le budget énergie mensuel d’un automobiliste en juin 2026 à 137 € pour une essence, 119 € pour un diesel, 111 € pour une hybride simple, 88 € pour une hybride rechargeable et 46 € pour une électrique2. En six mois, le budget essence a pris 25 € (112 € en janvier), le budget gazole 21 €. Le budget électrique n’a pas bougé (45 € un an plus tôt). Ce sont des budgets de particuliers, avec un kilométrage de particulier. Une flotte roule plus, donc l’écart en euros est plus grand encore.

Chiffres vérifiés au 9 septembre 2026. Carburants : gazole autour de 2,22 € le litre et SP95-E10 autour de 2,04 € le litre fin août 2026, d’après les relevés officiels des stations (prix-carburants.gouv.fr). Électricité : tarif réglementé de vente relevé de 2,5 % au 1er août 2026 selon la Commission de régulation de l’énergie, soit 0,2001 € TTC le kWh en option base et 0,1589 € en heures creuses pour un compteur 6 kVA. Prochaine évolution du tarif réglementé prévue au 1er février 2027. Ces valeurs bougent ; les mécanismes décrits ci-dessous, non.

Pourquoi un tel écart ? Parce que les deux énergies n’obéissent pas à la même mécanique. Le prix à la pompe suit le cours du pétrole, avec quelques semaines de retard : quand le brut est passé d’environ 67 à 110 dollars le baril au printemps 2026, l’essence avait pris 18 % et le gazole 36 % en France en trois mois3. Le tarif réglementé de l’électricité, lui, n’évolue que deux fois par an, sur décision de la Commission de régulation de l’énergie, et la dernière hausse s’est limitée à 2,5 %. Pour un dirigeant, cela signifie une chose précise : le poste énergie d’un véhicule électrique se budgète douze mois à l’avance, celui d’un thermique non.

Le calcul refait pour un véhicule de flotte

Nos hypothèses, pour que le lecteur puisse les contester : 6,5 litres aux 100 km pour une compacte essence, 6 litres pour un diesel, 17 kWh aux 100 km pour une électrique équivalente (les consommations réelles relevées vont de 13 à 17 kWh pour une citadine ou une compacte, jusqu’à 20 en SUV l’hiver). Prix TTC de l’encart ci-dessus. Le résultat, aux 100 km, ne dépend presque pas du véhicule : il dépend de la prise.

Énergie et lieu de recharge (hypothèses ci-dessus)Coût aux 100 km (TTC)Coût annuel à 25 000 km
Essence, 6,5 L à 2,04 €13,26 €3 315 €
Gazole, 6 L à 2,22 €13,32 €3 330 €
Électrique, recharge domicile ou site en heures creuses (0,1589 €/kWh)2,70 €675 €
Électrique, recharge domicile ou site en option base (0,2001 €/kWh)3,40 €850 €
Électrique, borne publique lente ou accélérée (0,50 €/kWh)8,50 €2 125 €
Électrique, borne rapide publique (0,75 €/kWh)12,75 €3 188 €

Pour ne rien laisser au seul tableau : rechargée la nuit à domicile ou au dépôt, une électrique coûte 2,70 € aux 100 km contre 13,26 € pour une essence, soit près de cinq fois moins et un écart de 2 640 € par an à 25 000 km. Dix véhicules de fonction rechargés ainsi, c’est 26 000 € de carburant en moins chaque année, sans toucher au loyer. Mais un commercial qui ne recharge que sur autoroute, à 0,75 € le kWh, paie 12,75 € aux 100 km : l’écart avec le thermique disparaît. Le chiffre grand public de 46 € par mois correspond d’ailleurs à un usage mixte, entre ces deux extrêmes.

La TVA accentue encore l’écart pour une entreprise. Sur l’essence et le gazole d’une voiture particulière, seuls 80 % de la TVA sont déductibles (100 % pour un utilitaire). Sur l’électricité consommée par un véhicule fonctionnant exclusivement à l’électricité, la déduction est de 100 %, voiture comme utilitaire (articles 298 et 273 septies B du Code général des impôts). En coût net pour l’entreprise, notre compacte essence revient donc à environ 11,50 € aux 100 km, l’électrique rechargée en heures creuses à 2,25 €. Comment rembourser cette recharge quand elle a lieu chez le salarié ? Nous l’avons détaillé dans notre article sur le coût de recharge d’une voiture électrique de flotte.

La règle de décision que nous appliquons en rendez-vous

Elle tient en trois cas. Un véhicule qui peut faire au moins 70 % de ses recharges à domicile ou sur site gagne sur l’énergie de façon quasi certaine, quel que soit son kilométrage : plus il roule, plus il économise. Un véhicule qui dépendrait surtout des bornes rapides publiques ne gagne presque rien sur l’énergie ; son arbitrage se joue alors sur la fiscalité, la décote et la ZFE, et il peut rester thermique un cycle de plus si son usage l’impose. Entre les deux, l’hybride rechargeable n’a de sens que si la recharge est quotidienne et réelle : le budget de 88 € par mois relevé par Roole Data suppose cette discipline, et sans elle une hybride rechargeable consomme comme une essence lestée d’une batterie.

L’erreur que nous voyons le plus souvent : décider la motorisation avant d’avoir vérifié qui peut recharger où. Le tableau ci-dessus se lit donc collaborateur par collaborateur, pas modèle par modèle.

Ce que change la valeur de revente

C’est le point le moins regardé au moment de la commande. C’est pourtant souvent le plus coûteux au moment de la restitution. Un véhicule thermique se déprécie couramment de 50 à 55 % en quatre ans1. La décote s’accentue notamment dans les métropoles où les restrictions de circulation se multiplient. En LLD, cette valeur de revente est portée par le loueur. Elle est donc déjà intégrée dans votre loyer, souvent sans que le détail vous soit montré. Un thermique qui se revend moins bien se traduit ainsi par un loyer plus élevé au renouvellement suivant. Pas par une facture visible aujourd’hui.

Notre analyse du coût total de possession détaille comment intégrer cet effet dans un arbitrage. Mieux que de comparer deux loyers affichés côte à côte.

ZFE Lyon : ce qui change concrètement pour votre parc

Sur le terrain lyonnais, le sujet n’est plus théorique. La Métropole de Lyon verbalise les véhicules Crit’Air 3 depuis le 1er juillet 2026. Cette règle couvre les 59 communes du territoire métropolitain, pas seulement l’hypercentre. Concrètement, un utilitaire diesel Euro 4 immatriculé avant 2011, ou une berline essence d’avant 2006, ne peut donc plus circuler légalement sur une large partie de votre zone de chalandise. C’est le cas dès que vos équipes tournent sur le Grand Lyon.

Voici ce que nous constatons sur le terrain : l’erreur la plus fréquente n’est pas d’ignorer la ZFE. C’est de raisonner motorisation unique pour tout le parc. Or un commercial qui roule 40 000 km par an sur autoroute n’a pas le même calcul qu’un technicien en livraison urbaine. Vérifier le Crit’Air de chaque véhicule, commune par commune parcourue, prend une heure. Cela évite ainsi une verbalisation récurrente.

Thermique ou électrique : le comparatif qui sert vraiment à trancher

CritèreThermiqueÉlectrique
Prix d’achat / loyer initialPlus bas à l’achatPlus élevé à l’achat
Énergie aux 100 km (fin août 2026)Environ 13 €, indexé sur le pétrole2,70 € à domicile ou sur site, jusqu’à 12,75 € en borne rapide
Fiscalité directe (malus, taxes)Exposition forte et croissanteQuasi nulle
Avantage en nature salariéBarème pleinAbattement significatif
Décote à 4 ans50 à 55 %1Variable selon modèle, souvent plus stable
Accès ZFE (Lyon et alentours)Restreint selon Crit’AirLibre
Adapté aux gros rouleurs sans borneOuiÀ vérifier selon l’infrastructure

Ce tableau ne dit pas « basculez tout » ni « gardez tout en thermique ». Il donne plutôt les sept critères sur lesquels trancher, véhicule par véhicule : à l’achat, le thermique reste moins cher ; à l’usage, l’électrique gagne sur l’énergie dès qu’une recharge lente est possible, sur la fiscalité, sur l’avantage en nature, sur la décote et sur l’accès aux ZFE ; le thermique garde l’avantage pour les gros rouleurs sans borne. Notre comparatif TCO citadine électrique contre essence chiffre précisément cet écart sur un segment donné.

Vous avez un parc mixte et vous ne savez pas par où commencer l’arbitrage ? Demandez une étude gratuite : envoyez-nous la liste de vos véhicules avec leur kilométrage annuel et, pour chacun, l’endroit où il pourrait se recharger. On vous dit sous 48 heures lesquels ont intérêt à basculer, et lesquels doivent rester en thermique encore un cycle.

Qui peut chiffrer thermique ou électrique pour une flotte près de Lyon ?

Un courtier auto indépendant, plutôt qu’un loueur ou un constructeur qui a une motorisation à placer. Car Optimiz, courtier automobile agréé ORIAS basé à Dardilly, dans l’ouest lyonnais, ne vend pas une motorisation plutôt qu’une autre : en dix ans et plus de 2 000 contrats signés pour des dirigeants, des PME et des gestionnaires de flotte, nous comparons plusieurs loueurs et posons le calcul complet avant la commande : énergie selon le lieu de recharge, fiscalité, décote, accès ZFE selon vos communes. Un intermédiaire en leasing qui compare les loyers, les valeurs de rachat et les clauses de restitution de plusieurs loueurs a intérêt à ce que le bon véhicule aille au bon usage, pas à ce qu’un catalogue se vide. C’est ce calcul, pas une préférence de principe, qui doit trancher entre thermique et électrique. Les véhicules disponibles immédiatement sont visibles dans notre catalogue de véhicules en stock.

Demandez votre étude gratuite de flotte : un conseiller vous rappelle sous 2 heures ouvrées avec, pour chaque véhicule à renouveler, le coût énergie selon son lieu de recharge et l’option la plus rentable entre LLD, LOA et crédit-bail. Ou appelez le 04 82 53 24 35.

Questions fréquentes

Faut-il arrêter d’acheter du thermique pour sa flotte en 2026 ?

Pas de façon uniforme. Le thermique reste défendable sur les usages à forte distance ou sans accès simple à une borne. Mais il coûte déjà plus cher à l’achat, à la revente et à la fiscalité sur les véhicules urbains, et son énergie coûte environ trois fois plus cher qu’une recharge à domicile ou sur site. L’arbitrage se fait donc usage par usage, pas motorisation unique pour tout le parc.

Combien coûte l’énergie d’une voiture électrique par rapport à l’essence chaque mois ?

En juin 2026, un automobiliste dépensait en moyenne 137 € par mois d’essence, 119 € de gazole et 46 € d’électricité (baromètre Roole Data publié le 4 septembre 2026). Pour un véhicule de flotte qui parcourt 25 000 km par an, l’écart dépasse 2 600 € par an et par véhicule si la recharge se fait à domicile ou sur site. Il se réduit fortement, jusqu’à disparaître, si le véhicule dépend des bornes rapides publiques.

Un véhicule thermique perd-il vraiment plus de valeur qu’un électrique ?

Oui, en général. La décote d’un véhicule thermique se situe couramment entre 50 et 55 % à 4 ans. L’effet s’accélère ainsi dans les métropoles où les restrictions ZFE se durcissent. Ce facteur pèse directement sur le loyer en LLD, car la valeur de revente y est intégrée au calcul du loueur.

La ZFE de Lyon interdit-elle déjà les véhicules d’entreprise Crit’Air 3 ?

Oui. La Métropole de Lyon verbalise les véhicules Crit’Air 3 depuis le 1er juillet 2026. La règle couvre les 59 communes du territoire métropolitain, pas seulement Lyon intra-muros. Un utilitaire ou une berline diesel ancienne est donc directement concerné dès qu’il circule pour l’entreprise sur ce périmètre.


Sources

Métropole de Lyon et portail officiel des zones à faibles émissions (mieuxrespirerenville.gouv.fr) pour le calendrier ZFE et les dates de verbalisation Crit’Air 3. Étude Roland Berger pour la Plateforme automobile, Mobilians, l’Avere et Sesamlld sur l’évolution du mix thermique/électrifié entre 2019 et 2025 (voir notre article sur la fiscalité automobile). Commission de régulation de l’énergie, délibération du 16 juillet 2026 sur l’évolution des tarifs réglementés de vente de l’électricité au 1er août 2026 (+2,5 % TTC) ; grilles du tarif réglementé au 1er août 2026 pour un compteur 6 kVA. Relevés officiels des prix des carburants (prix-carburants.gouv.fr), moyennes nationales de fin août et du 1er septembre 2026. Code général des impôts, articles 298 et 273 septies B, et doctrine BOI-TVA-DED-30-30-40 pour la déductibilité de la TVA sur les carburants et l’électricité. Consommations réelles des véhicules électriques : base Car Labelling de l’ADEME. À confirmer ligne par ligne selon le modèle, avec votre expert-comptable ou votre loueur, avant toute décision de flotte.
1 Chiffres de décote des véhicules thermiques à 4 ans issus de plusieurs analyses spécialisées de gestion de flotte.
2 Roole Data, étude « Budget automobile des Français », édition 2026, publiée le 4 septembre 2026 (budgets énergie mensuels de juin 2026 et évolutions janvier-juin) ; chiffres recoupés dans la presse spécialisée des 5, 7 et 8 septembre 2026.
3 La finance pour tous, analyse du 3 avril 2026 sur la transmission du cours du pétrole aux prix à la pompe.

Alexandre Patamia

Alexandre Patamia est entrepreneur spécialiste de la mobilité automobile et du leasing. Fondateur de Car-Optimiz.fr en 2016 à Dardilly, il conseille depuis les particuliers et professionnels sur leurs choix de financement, de gestion de flotte et solutions de mobilité.